La plaine des jarres : petite ballade à moto
Nous ne trouvons qu’un bus de jour afin de nous rendre à Phonsavan. Le seul avantage des bus de jour c’est que tu peux admirer le paysage. Et dieu sait que le paysage est magnifique : montagnes luxuriantes, rizières, forêt de teks, villages typiques avec des maisons tressées sur pilotis. Nous sommes frustrés de ne pas pouvoir nous arrêter où nous voulons. Nous savons que notre prochain voyage nous le ferons avec notre propre moyen de locomotion. La vraie liberté !
La ville de Phonsavan n’est pas géniale, le seul attrait est la campagne. Nous louons donc une moto afin de visiter la plaine de jarres. Plaine qui ne porte que son nom car ce sont en réalité des petites collines et bois où des jarres de pierre de toute taille sont présentes. Personne ne connait l’origine de ces jarres.
Les différents sites sont extrêmement balisés. La «guerre secrète» des américains a fait des ravages. Cette région est l’une des régions les plus bombardés au monde. Seule l’arme nucléaire n’y a pas été testée. Cette guerre fait encore des morts aujourd’hui puisque tout n’est pas encore nettoyé.
Avec la moto, nous en profitons pour nous arrêter dans les villages. Les carcasses de bombes sont recyclées en jardinière. Un «devoir de mémoir » à la fois pratique, cocasse et dérangeant.
Après la guerre, un jour, dans un village, un homme- toujours inconnu au bataillon- proposa aux villageois de recycler les bombes. Et c’est comme ça, qu’ils commencèrent à fabriquer des cuillères, fourchettes et autres ustensiles grâce à l’aluminium des bombes. Nous nous promenons donc dans ces villages observant les villageois à l’ouvrage, plus vraiment sûr qu’ils utilisent encore les bombes pour fondre des cuillères.
60 bornes de motos sur des pistes défoncées ça casse. Un petit tour au marché afin de s’acheter à manger pour la route de demain, un petit restaurant (soupe de nouilles quand tu nous tiens), et dodo.