Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
goodmorningworld le ptit tour... du monde de Marion & Jordi

Le transsibérien, un voyage hors du temps

15 Septembre 2012 Publié dans #Russie

10 000 km de rail, plus long train au monde, considéré comme le plus beau joyau de la couronne des tsars, 5 fuseaux horaires traversés, 2 continents passés, 7 jours de train… mais ne nous arrêtons pas aux chiffres, le transsibérien c’est bien plus que ça.

"Le transsibérien c’est l’antinomie parfaite à l’hôtel, loin de la solitude et de l’ennui d’une chambre vide où l’on a rien à faire".

C’est un cocon où l’on aime laisser sa pensée vagabonder au gré des paysages. Le train est une interminable berceuse, tu es perdu dans le temps et l’espace. Ta vie est rythmée par les arrêts dans les gares où les passagers aiment se dégourdir les jambes faire quelque emplettes et manger des glaces.

Le transsibérien c’est aussi des rencontres, de la promiscuité, où l’on apprend à vivre ensemble.

Il y avait Nina, la mère et Olga, la fille, occupants les deux couchettes du bas. Nina, l’autoritaire au regard froid qui ne nous décrocha pas un mot pendant les 5 premières heures du voyage. Puis le temps passant, nous avons découvert une Nina au grand cœur avec un rire à réveiller tout le wagon. La barrière de la langue n’existe pas dans le transsibérien. On se comprend, c’est tout.

Il y avait Anvar, poète dans l’âme, guitariste et vendeur de justaucorps de Gymnastique rythmique. Un sport national en Russie (I like that !). Anvar, rencontré sur le quai lors d’un de ces nombreux arrêts. Il partait à Irkoutsk, comme nous, voir une amie, dont il n’avait pas de nouvelles depuis des mois. Nous fîmes le reste du trajet ensemble, à jouer de la guitare, à partager nos repas, à parler politique, actualité. Il voulait qu’on lui lise à voix haute Tolstoï.

Il y avait, Stupa, l’Arménien, ancien engagé de l’armée, qui ne comprenait pas pourquoi nous allions en Mongolie. Pour lui il n’y avait rien à faire. D’ailleurs, d’une manière générale, personne ne comprenait pourquoi nous voyagions dans le transsibérien afin de visiter la Sibérie et la Mongolie.

Il y avait aussi Maxime, le petit troll d’environ 4 ans dont les couchettes étaient un vrai terrain de jeu pour lui, Svetlana et bien d’autres encore dont nous n’avons pas retenus les prénoms.

Il y avait aussi ceux qui arrivaient dans les trains totalement enivrés soutenus par leur femme. Ceux-là s’abrutissaient pour échapper à la durée du trajet. Nous nous demandions toujours comment ils arrivaient à grimper sur leur couchette. Un moment de lucidité dans leur corps embrumés.

Nos photos passaient de mains en mains, ils nous montraient les leurs, nous les prenions en photos. Certains gênés, d’autres souriant ou d’autres encore posant fièrement.

Nous étions tous une grande famille. Tout le monde prenait soin de nous et nous saluaient lorsqu’ils descendaient du train.

Le transsibérien, c’est un voyage hors du temps où la distance que tu parcoures déculpe les émotions et te rappelle que l’éloignement de ta famille, tes amis et de ton petit chat est de plus en plus tangible, mais que leur présence dans ton cœur est de plus en plus forte et te rend plus résistante.

Le transsibérien, un voyage hors du temps
Le transsibérien, un voyage hors du temps
Le transsibérien, un voyage hors du temps
Le transsibérien, un voyage hors du temps
Le transsibérien, un voyage hors du temps
Le transsibérien, un voyage hors du temps
Le transsibérien, un voyage hors du temps
Le transsibérien, un voyage hors du temps
Le transsibérien, un voyage hors du temps
Le transsibérien, un voyage hors du temps
Le transsibérien, un voyage hors du temps
Le transsibérien, un voyage hors du temps
Le transsibérien, un voyage hors du temps
Le transsibérien, un voyage hors du temps
Le transsibérien, un voyage hors du temps
Le transsibérien, un voyage hors du temps

Un petit apercu de la vie dans le train

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article